De quoi en moi l’animal se souvient
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La pensée des hommes, à quelque époque qu’ils appartiennent, à quelque culte qu’ils sacrifient, et quand bien même ils cherchent à se défendre, est pleine de bêtes, depuis la nuit des temps nous sommes visités, envahis, traversés par les animaux ou par leur fantôme. Livré à une errance que rien dorénavant ne peut interrompre, l’homme s’enfonce dans la forêt. Quelque chose de fort le lie à elle. Il renoue son être avec cette nature qu’il avait côtoyé auparavant pendant des millénaires, retournant à la source de son existence. Comme une véritable initiation, il y retrouve l’accès à la vie sauvage. Dans une délivrance, il devient alors homme-animal, feuilles, arbre, terre, brindille, lichen... Livré à ses instincts, il comprend le chant des oiseaux, le vent, les arbres et discerne quelque chose qui veille toujours, ou est toujours prêt à s’éveiller. Quelque chose qui se voit dans le regard des bêtes ou qu’on saisit en passant; il perçoit le battement de chacun de ces êtres. Cette présence mythique universelle des animaux circule et se répand dans ses rêves. Voyage, chamanisme improvisé. Dans un apaisement prodigieux, il rejoint l’animal qu’il a toujours été. Dans un battement de temps de repli, il retrouve l’intimité perdue.

 

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